• Oct 11, 2019
  • Perspectives

Le paradoxe de la promesse politique

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Écrit par Doug Anderson et Cassie Grenier

Les différents chefs de parti ont fait et pris un nombre vertigineux de promesses et d’engagements politiques spécifiques au cours des dernières semaines. Nos recherches ont tenté d’étudier l’impact que ces promesses pourraient avoir sur la volonté des électeurs de considérer chaque parti.

Le souvenir d’une promesse en particulier d’Andrew Scheer, Justin Trudeau ou Jagmeet Singh est étonnamment faible. Pour l’un ou l’autre de ces trois chefs, au moins les deux tiers des électeurs ne se souviennent pas, même vaguement, d’une promesse précise que le chef a faite. Avec des taux de rappel aussi bas, il est évident que les promesses elles-mêmes sont, au mieux, d’une efficacité très restreinte. Et en ce qui concerne la façon dont les promesses se rapportent à la volonté d’envisager de voter pour n’importe quel parti, elles sont beaucoup moins influentes que les impressions de leadership.

Pour essayer de comprendre si certaines promesses sont plus utiles sur le plan stratégique que d’autres, chaque répondant s’est vu montrer quatre ou cinq promesses faites par messieurs Scheer, Trudeau et Singh et puis, on leur a posé deux questions dans chaque cas : à quel point la promesse est attrayante; et à quel point elle est crédible.

Pour chaque promesse, une expérience a été conduite. Pour chacune d’entre elles, la moitié des répondants n’ont pas été avisés du parti qui l’avait faite et l’autre moitié en ont été avisés. Au total, 14 promesses ont été mises à l’épreuve (en incluant une qui était presque identique chez les libéraux que chez le NPD : « Rendre la vie plus abordable pour les Canadiens »). Les listes de promesses testées pour chaque parti ont été compilées parmi celles couvertes par les médias pendant la campagne, puis sélectionnées et décrites avec les conseils de directeurs d’Earnscliffe qui ont une affiliation active avec le parti politique en question.

Cette enquête a produit un certain nombre de conclusions très intéressantes, faisant la lumière sur la façon dont les promesses sont reçues et perçues et l’influence qu’elles ont sur les décisions de vote. Chaque campagne dispose vraisemblablement de ce genre d’information et elle informe les décisions tactiques pour la fin de la course.

Tout d’abord, l’inclusion de la marque a un effet modérateur sur le niveau d’attrait de presque toutes les promesses. La seule exception a été la promesse d’abolir la taxe sur le carbone, qui est essentiellement tout aussi attrayante pour les électeurs canadiens, qu’elle soit citée ou non comme une promesse conservatrice. Cette tendance générale suggère que, bien que certaines promesses puissent être plus attrayantes que d’autres, la marque du parti a un effet légèrement néfaste sur l’attrait de toute promesse.

Deuxièmement, beaucoup plus de gens trouvent une promesse donnée aussi attrayante qu’à la fois attrayante et crédible. Cela est vrai que l’on révèle ou non aux répondants le parti ayant fait la promesse. Il s’agit d’une preuve assez convaincante que les promesses de campagne, quel que soit le candidat qui les fait, ne sont généralement pas prises au premier degré, même si elles ont un attrait très large. Le degré de décrochage du point où une promesse est considérée comme attrayante, à celui où elle est considérée à la fois comme attrayante et crédible, semble être plus grand pour les promesses qui sont plus vagues (p. ex., rendre la vie plus abordable pour les Canadiens ou réduire le coût de la vie pour les Canadiens) et moins grand pour des promesses plus granulaires (p. ex., augmentation des prestations du REEE). Cela suggère que plus une personne peut établir un lien entre la promesse et un changement spécifique, plus elle la trouve crédible.

Troisièmement, l’attrait de chaque promesse varie considérablement, au point même où beaucoup plus de gens la trouvent attrayante que ceux qui sont prêts à envisager de voter pour ce parti. Les promesses vagues ne sont pas particulièrement crédibles, mais elles sont parmi celles qui ont le plus d’attrait, avec de fortes majorités qui trouvent l’idée de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens ou de réduire le coût de la vie pour les Canadiens attrayante – peu importe si le parti qui fait la promesse est nommé ou non. Parmi les promesses les plus clairement définies, l’éventail d’attrait varie de moins d’un électeur sur trois à plus de quatre sur cinq.

Dans la plupart des cas, les promesses qui avaient le moins d’attrait avaient tendance à être celles qui profitaient au moins grand nombre de Canadiens, comme celles conçues pour aider les parents ou les acheteurs d’une première maison. Une seule promesse censée aider l’ensemble de la population adulte ne parvient pas à être considérée comme attrayante pour la majorité des électeurs : la suppression de la taxe sur le carbone.

Pour chaque parti, les nuances d’attrait et de crédibilité démontrent un mélange unique d’attrait général et particulier.

Pour les libéraux, deux des promesses les plus descriptives et les plus concrètes ont plutôt bien fonctionné. Deux électeurs sur cinq (42 %) considéraient l’augmentation des prestations du Régime de pension du Canada (RPC) et de la Prestation de sécurité de la vieillesse (SV) comme étant attrayante et crédible. Lorsqu’on les cite comme une promesse libérale, « rendre la vie plus abordable pour les Canadiens » plaît à la majorité des électeurs (68 %), mais seulement 19 % la trouvent à la fois attrayante et crédible. Au total, 49 % trouvent cette promesse faite par les libéraux comme attrayante, mais pas crédible.

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