La Chambre des communes reprend ses travaux le lundi 21 septembre. Le Sénat reprendra ses travaux la semaine suivante, le 28 septembre.
L’effondrement des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, survenu ce 21 août, demeure l’enjeu politique et économique dominant dans l’avenir prévisible. Voici, ci-dessous, quelques retombées du retrait du Canada de ces négociations :
- Des explications contradictoires autour de la fin des pourparlers émanant des deux côtés des équipes de négociation;
- L’imposition immédiate de droits de douane supplémentaires par les États-Unis, en vertu de l’article 338 sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, suivie de contre-tarifs canadiens le 8 septembre, visant plusieurs centaines de produits importés des États-Unis;
- Une enveloppe de 7,5 milliards de dollars du Canada pour bonifier plusieurs de ses programmes d’allègement tarifaire, afin de protéger les entreprises et les travailleurs canadiens des répercussions de ces contre-tarifs américains;
- De nouvelles mesures de représailles tarifaires et des exclusions de produits, imposées le 8 septembre par les États-Unis en réponse aux contre-tarifs canadiens.
Pendant tout ce temps, le Canada et le premier ministre ont été l’objet de propos de plus en plus insultants et méprisants de la part du président Trump et de divers secrétaires du Cabinet américain. Dans ce contexte, on commence à se rendre à l’évidence qu’il n’est pas simplement question d’un différend commercial, mais que les États-Unis entendent donner une leçon au Canada pour avoir tenu tête à leur tendance autoritaire. Comme l’a affirmé à plusieurs reprises le premier ministre : « Ce qu’ils voulaient, c’était une relation de dépendance, pas un véritable partenariat économique. »
Cette dernière semaine, le premier ministre poursuivait ses efforts de diversification économique et commerciale afin de réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis, notamment en convoquant le Sommet canadien de l’investissement, en s’adressant au Parlement européen et en amorçant des négociations en vue de resserrer les liens avec l’UE.
Les sondages menés par Earnscliffe révèlent un appui généralisé envers l’approche du premier ministre dans ses rapports avec les États-Unis; plus des deux tiers (68 %) des répondants s’en disent satisfaits.
Les Canadiens sont également largement en phase avec la volonté du premier ministre de réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis, bien qu’ils divergent sur l’ampleur avec laquelle ces liens doivent être défaits. Dans l’ensemble, sept Canadiens sur dix (71 %) estiment que le Canada devrait réduire ses liens économiques avec les États-Unis au cours des dix prochaines années. La proportion la plus importante (41 %) privilégie le maintien de la coopération tout en réduisant graduellement les liens économiques, tandis que 24 % estiment que le Canada devrait réduire considérablement ses liens économiques et sa coopération. Peu de répondants (6 %) croient que le Canada devrait mettre entièrement fin à ses liens économiques et à sa coopération.


À noter que lors d’élections partielles tenues le 31 août, les libéraux ont remporté les trois sièges en jeu, en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec.
L’effondrement des pourparlers commerciaux
La position du Canada
À sa conférence de presse du 26 août, le premier ministre Carney confirmait que le Canada avait mis fin aux pourparlers à cause de « changements de dernière minute » de la part de Washington, des changements que le Canada jugeait injustes et non économiques, qui minaient la souveraineté du pays et l’assurance d’une fiabilité de l’éventuelle entente. Le premier ministre a également indiqué que les États-Unis exigeaient un droit de regard sur les futurs accords commerciaux du Canada avec d’autres pays. Il a résumé, sans détour, les raisons: « Ils en demandaient trop et n’offraient pas assez. »
Selon M. Carney, les négociateurs américains cherchaient également à modifier diverses protections culturelles canadiennes ainsi que la découvrabilité en ligne de contenu francophone culturels et sur les plateformes de diffusion. Pour le gouvernement canadien, il s’agissait là d’enjeux de souveraineté et de ce fait, il a refusé toute concession. Le Canada a également allégué que, tard dans le processus des pourparlers, les Américains avaient introduit des modifications qui bloqueraient la vente de camions canadiens, moyens et lourds, aux États-Unis.
La position des États-Unis
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a nié l’idée que la Maison-Blanche ait exigé un droit de regard sur les accords commerciaux que le Canada conclut avec d’autres pays. Il a affirmé que l’administration souhaitait plutôt privilégier la coopération, faisant référence au concept de la forteresse nord-américaine, notamment mis de l’avant par le premier ministre ontarien Doug Ford. Sur la question de la découvrabilité des contenus francophones sur les plateformes de diffusion en continu, M. Greer a indiqué que l’enjeu avait été « discuté » par la Maison-Blanche, sans toutefois constituer un point de rupture.
M. Greer a menacé une riposte au coup pour coup des États-Unis après la riposte « dollar pour dollar » canadienne visant des produits américains et qui devait entrer en vigueur après la Fête du Travail. Par ailleurs, depuis la rupture des pourparlers, le président Trump et des membres de son Cabinet ne cessent de provoquer, presque quotidiennement, le Canada. M. Trump a même rebaptisé le lac Ontario, « Lac Amérique ».
Le débat sur les contre-tarifs
Le 8 septembre, immédiatement après l’annonce de ses contre-tarifs, le Canada enlevait les produits de la mer des secteurs visés, ce qui a déclenché un vif débat autour du fait que la réponse du Canada frappait durement les Canadiens autant qu’elle nuisait aux Américains.
La critique la plus courante veut que, les droits de douane étant essentiellement une taxe sur les importations, les entreprises canadiennes qui importent des produits américains devront composer avec des coûts plus élevés; des coûts qu’elles devront refiler aux consommateurs sous forme de hausses de prix, ou qui rendront la production canadienne non rentable. Selon les critiques, si l’intention est de punir les États-Unis, une part importante du fardeau économique retombe en réalité sur les Canadiens.
Il est devenu évident que les Américains ont fait un calcul semblable. En dévoilant leur plus récente série de mesures de représailles le 8 septembre, les États-Unis ont enlevé plusieurs produits de leurs droits de douane antérieurs visant le Canada, notamment, le sel de voirie, le ciment, le papier hygiénique et le sucre. Cela indique qu’ils ont fini par réaliser qu’ils avaient réellement besoin de ces produits et que les taxer allait à l’encontre de leurs propres intérêts.
Comment sortir de l’impasse actuelle?
Alors que le Canada s’est montré relativement mesuré dans sa manière d’expliquer son retrait des négociations, les États-Unis se sont eux-mêmes montrés agressifs, belliqueux tout en reflétant une réaction personnelle face à la rupture des discussions. La situation, déjà hautement tendue, a maintenant pris la forme d’une série de représailles tarifaires au coup pour coup, sans signe de cession d’aucune part. Il est clair aussi que le président ne s’intéresse pas à une solution gagnant-gagnant aux enjeux commerciaux.
Le gouvernement Carney bénéficie actuellement d’un appui public considérable et généralisé pour sa décision de se retirer des récents pourparlers, et ce, malgré les conséquences économiques.
Nos plus récents sondages indiquent que les Canadiens comprennent qu’ils devront peut-être encaisser des douleurs économiques. Les trois quarts (74 %) des Canadiens s’attendent à une hausse des prix des biens de consommation courante, 40 % s’attendent à une augmentation des coûts du logement ou des services publics, et 31 % s’attendent à devoir reporter des achats ou des investissements importants. Au-delà des répercussions sur les dépenses des ménages, 39 % des Canadiens s’attendent à une diminution de la disponibilité des produits, tandis que 26 % s’attendent à une baisse de la sécurité d’emploi, voire à des pertes d’emploi. Les pertes d’emploi anticipées sont légèrement plus élevées en Ontario (30 %) qu’en Colombie-Britannique (22 %), ce qui reflète un marché du travail davantage interrelié avec celui des États-Unis.

Pour l’instant, les Canadiens appuient la détermination de M. Carney à tenir bon. Cependant, à plus long terme, ils risquent de se montrer moins indulgents si sa volonté de réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis entraîne plus de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, une hausse des prix et encore plus de pertes d’emploi. Selon nos recherches, ce sont là trois conséquences potentielles d’une plus grande indépendance des États-Unis que les Canadiens sont moins disposés à accepter. Bien que les Canadiens soient plus à l’aise avec l’idée que le gouvernement augmente ses dépenses pour soutenir les entreprises (35 % se disent à l’aise avec cette mesure), une hausse des impôts pour financer un tel soutien serait mal accueillie (27 % refuseraient cette option).

À l’inverse, la pression exercée par les milieux d’affaires et la population rattrape peu à peu l’administration Trump dans des États charnières ayant des liens commerciaux importants avec le Canada. Selon un nouveau sondage du Detroit News et de la station locale WDIV, les électeurs du Michigan désapprouvent les droits de douane de Trump sur le Canada par une marge de plus de deux contre un. Bien qu’il reste encore plusieurs semaines avant les élections de mi-mandat, prévues pour la première semaine de novembre, deux autres signes indiquent une potentielle reprise des pourparlers commerciaux. D’abord, les deux plus récentes séries de droits de douane imposées par les deux camps ont été soigneusement calibrées et, bien que substantielles, elles n’ont fait que légèrement grimper la tension entre les deux pays. Ensuite, le ministre des Finances, M. Champagne, a indiqué le 9 septembre que des conversations informelles se poursuivaient entre les deux parties.
On ignore encore quand et comment les deux camps pourraient revenir à la table des négociations. Une fois retournés, les nouveaux pourparlers pourrait d’abord mener à une entente plus restreinte et sectorielle pour ensuite traiter des enjeux plus larges pendant les négociations ultérieures liées à l’ACEUM.
L’économie nationale
Les chiffres récents
Les dernières données reflètent une économie nationale plus vigoureuse sur plusieurs plans :
- Le PIB a bondi de 3,3 % au deuxième trimestre de 2026.
- Les exportations totales ont augmenté de 3,6 % au deuxième trimestre, portées par une hausse de 27,0 % des ventes de voitures particulières et de camionnettes légères, après le ralentissement des chaînes d’approvisionnement observé précédemment.
- Une production pétrolière et des exportations énergétiques en hausse, soutenues par l’évolution de la dynamique énergétique mondiale, ont largement contribué aux gains du secteur de la production de biens.
- Les investissements en capital des entreprises ont progressé, mettant fin à plusieurs trimestres consécutifs de recul.
Le 2 septembre, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, une politique monétaire visant à stimuler l’activité économique tout en atténuant les pressions à la hausse sur les prix. La Banque a également exprimé des préoccupations quant à la pression persistante de l’inflation sur l’abordabilité. Enfin, le 2 septembre, le gouvernement a prolongé jusqu’à la fin de 2026 le congé de TPS sur l’essence et le combustible diesel.
La hausse des investissements directs étrangers
En 2025, les investissements directs étrangers (IDE) au Canada ont atteint entre 93 et 96,8 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis 2007. Bien que le président Trump ait récemment obtenu le contrôle de 65 milliards de barils de réserves pétrolières au Venezuela, les investisseurs américains en capital-investissement énergétique évitent ce pays et investissent massivement dans les infrastructures pétrolières et gazières canadiennes :
- Expansion du réseau de gazoducs d’Enbridge en Colombie-Britannique : Enbridge inc., dont le siège social est à Calgary, a obtenu un investissement de 2,7 milliards de dollars de la part de deux importantes sociétés américaines de capital-investissement, KKR & Co. et Apollo Global Management.
- ConocoPhillips : l’entreprise, dont le siège social est à Houston, a investi 593 millions de dollars américains dans ses activités albertaines en 2025 et devrait maintenir ce même rythme d’investissement jusqu’en 2026.
- Imperial Oil Limited : la filiale calgarienne d’Exxon prévoit consacrer jusqu’à 2,2 milliards de dollars cette année à l’expansion de ses projets de sables bitumineux et à la modernisation de ses raffineries près d’Edmonton et de Sarnia.
De plus, Trans Mountain Corp. a versé 450 millions de dollars dans les coffres fédéraux au cours des trois derniers mois, alors que le réseau de gazoducs de l’entreprise, reliant les sables bitumineux à la côte du Pacifique, fonctionnait presqu’à pleine capacité et que la société se prépare à une expansion majeure.
Le sommet Canadien de l’investissement
Le gouvernement fédéral a tenu le Sommet canadien de l’investissement les 14 et 15 septembre, réunissant 250 hauts cadres du secteur financier à la tête d’entreprises mondiales qui gèrent collectivement près de 120 billions de dollars en actifs.
Lors du sommet, le premier ministre a annoncé quatre grandes initiatives stratégiques visant à stimuler l’investissement au pays : un financement fédéral pour un nouveau réseau Internet national, une expansion majeure de l’amortissement immédiat pour l’investissement des entreprises, un virage vers l’exploitation privée des plus grands aéroports du pays, et tels que rapportés, des plans visant à renforcer la capacité d’Ottawa à intervenir en cas de perturbations préjudiciables de travail :
- Dans son allocution d’ouverture, le premier ministre a annoncé que le gouvernement fédéral contribuerait au financement d’un nouveau réseau Internet afin d’offrir une connectivité souveraine à l’échelle du pays, en plus d’introduire de nouvelles mesures fiscales pour réduire le coût de construction des câbles à fibre optique.
- La Mégadéduction à la productivité proposée permettrait aux entreprises de déduire immédiatement et de façon permanente la totalité du coût des investissements admissibles, faisant passer la proportion d’actifs couverts d’environ 15 % à près des deux tiers des investissements en capital. Cela ferait chuter le taux effectif marginal d’imposition du Canada sur les nouveaux investissements des entreprises d’environ 13 % à 6,4 %, comparativement à 16,9 % aux États-Unis.
- Ottawa propose d’ouvrir la porte à l’investissement privé, par le biais de concessions à long terme, pour l’exploitation des aéroports de Toronto, Montréal, Vancouver et Calgary, tout en conservant la propriété des terrains et des actifs sous-jacents.
- John Ivison, du média anglophone National Post, a rapporté cette semaine que le gouvernement préparait des réformes législatives visant à mieux protéger les chaînes d’approvisionnement et les infrastructures essentielles en cas de conflits de travail à travers des options permettant l’intervention plus rapide d’un médiateur spécial et une voie vers l’arbitrage exécutoire.
Vous trouverez, dans le Globe and Mail, une liste, continuellement mise à jour, des principales annonces issues du sommet de cette semaine.
Le référendum Albertain
À la mi-septembre et à un mois du scrutin prévu pour le 19 octobre, la campagne référendaire en Alberta entame une phase plus intense. Au début du mois, Élections Alberta signalait une hausse marquée des demandes de bulletins de vote par la poste, avec 290 000 demandes reçues, soit près de cinq fois le niveau observé lors de l’élection provinciale de 2023. Les responsables électoraux estiment que le taux de participation pourrait atteindre 85 %, ce qui serait sans précédent dans l’histoire électorale moderne de l’Alberta.
Selon le plus récent sondage majeur de l’Institut Angus Reid, 61 % des répondants voteraient pour le maintien de l’Alberta au sein du Canada, tandis que 33 % appuieraient l’amorce du processus juridique menant à un futur référendum contraignant sur la séparation. Parmi les partisans de l’option « départ », 41 % disent que leur vote se veut avant tout un message adressé à Ottawa plutôt qu’un appui à l’indépendance telle quelle.
Récemment, les discussions alimentant les forums publics et débats ont commencé à s’éloigner des griefs symboliques pour aborder des questions concrètes :
- La monnaie et les banques centrales
- Les pensions du RPC
- L’accès aux marchés et les enjeux frontaliers
- Les traités autochtones
- Le partage d’actifs et de la dette au niveau fédéral
- La reconnaissance internationale et les accords commerciaux
Les deux camps du débat ont récemment publié d’importants rapports estimant les coûts économiques potentiels et les risques qu’entraînerait une séparation.
Mark Carney s’adresse au Parlement Européen
Dans son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annonçait que le Canada aurait la possibilité de devenir le premier « membre associé » du bloc européen. En réponse, le premier ministre Carney a plutôt plaidé pour un « partenariat plus étroit » entre le Canada et l’Europe, afin de se prémunir contre l’empiètement des grandes puissances sur la souveraineté des petites nations. « Ensemble, le Canada et l’Union européenne peuvent rester fermement ancrés dans leurs valeurs, tout en créant un cadre protecteur permettant à leurs citoyens de s’épanouir », déclarait-il. M. Carney a également affirmé que « nous ne sommes pas des alliés des beaux jours. Nous ne cherchons pas à conclure des accords où les gains des uns se font au détriment des autres. », et : « nous défendons des valeurs communes, pour lesquelles nous nous sommes toujours battus et que nous devons continuer à défendre sans relâche. »
Les détails précis de cette nouvelle entente restent à établir, mais, dans son discours, M. Carney a proposé que le Canada se joigne à Erasmus+, le programme européen de soutien à l’éducation, à la formation, à la jeunesse et au sport. Il a également indiqué que le Canada pourrait adhérer au programme européen de financement de la recherche, Horizon. Quels que soient les détails, le président Trump n’a pas apprécié cette entente proposée, qualifiant de « risible » l’idée que le Canada et l’UE cherchent à resserrer leur partenariat, et menaçant l’Union européenne de « droits de douane très sévères » si elle concluait une entente commerciale avec le Canada « sous de mauvaises intentions ».
Le programme législatif d’automne
À son retour lundi prochain, la Chambre des communes reprendra l’étude du programme législatif qu’elle examinait en juin dernier. Voici les principaux projets de loi :
- Projet de loi C-22 : Loi concernant l’accès légal- actuellement à la deuxième lecture au Sénat.
- Projet de loi C-29 : Loi constituant l’Agence contre les crimes financiers et apportant des modifications corrélatives à certaines lois et certains règlements – à l’examen devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne.
- Projet de loi C-31 : Loi no 2 portant exécution du budget – à l’examen devant le Comité permanent des finances, ainsi qu’en étude préalable au Sénat.
- Projet de loi C-34 : Loi édictant la Loi sur la sécurité numérique et la Loi sur la Commission canadienne de la sécurité numérique et apportant des modifications corrélatives à d’autres lois – actuellement en deuxième lecture.
- Projet de loi C-35 : Loi concernant l’interdiction d’importer des marchandises produites par recours au travail forcé – actuellement en deuxième lecture.
- Projet de loi C-36 : Loi édictant la Loi visant à protéger la vie privée et les données des consommateurs, modifiant la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques et apportant des modifications à d’autres lois – actuellement en deuxième lecture.
Le paysage politique
Les libéraux
L’évènement politique marquant de l’été, soit l’effondrement des pourparlers commerciaux entre le Canada et les États-Unis, a propulsé les libéraux vers une solide avance de 13 points de pourcentage sur les conservateurs, selon l’agrégateur de sondages Qc125 Canada :
Au 31 août, les libéraux récoltaient 46 % des intentions de vote, devant les conservateurs à 33 %, mettant le NPD à 11 %, le Bloc à 6 % et les verts à 3 %. Certains sondages individuels accordaient même aux libéraux une avance pouvant atteindre 20 points sur les conservateurs.
Selon un récent sondage d’Earnscliffe, plus des deux tiers (64 %) des Canadiens approuvent la performance de Mark Carney en tant que premier ministre avec un taux d’approbation net de +38 points. Par ailleurs, un peu moins de six Canadiens sur dix (57 %) estiment que le gouvernement fédéral est généralement sur la bonne voie, alors qu’un quart (24 %) estime qu’il fait fausse route.


Tout cela place le premier ministre et les libéraux en position de force au moment où la Chambre des communes reprend ses travaux après sa pause estivale. En plus de l’appui continu du public, la victoire des libéraux lors des élections partielles a renforcé la majorité du gouvernement. Vu la position affaiblie de Pierre Poilievre et des conservateurs, la Chambre des communes pourrait avoir du mal à demander des comptes aux libéraux.
Le premier ministre devra déclencher six autres élections partielles fédérales, ce qui représentera un test pour tous les partis et leurs chefs :
- Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton (Québec / BQ)
- Rosemont–La Petite-Patrie (Québec / NPD)
- Laurier–Sainte-Marie (Québec / Parti libéral)
- Scarborough-Nord (Ontario / Parti libéral)
- Brantford–Brant-Sud (Ontario / Parti conservateur)
- Yorkton–Melville (Saskatchewan / Parti conservateur)
Les conservateurs
L’été n’a pas été tendre envers Pierre Poilievre :
Selon le plus récent sondage d’Earnscliffe sur les cotes d’approbation des chefs politiques fédéraux, seulement 28 % des Canadiens ont une impression positive de Pierre Poilievre, reflétant un taux d’approbation net de -29 points. En termes de popularité, Mark Carney détient une avance nette sur le chef conservateur.

- D’un point de vue stratégique, le problème central réside dans le fait que les grands enjeux qui dominent actuellement le débat public, notamment le commerce, l’investissement et la souveraineté économique dans les relations Canada–États-Unis, jouent tous en faveur de M. Carney, forçant M. Poilievre à chercher de nouveaux angles de différenciation.
- Plusieurs députés conservateurs, dont Jamil Jivani, continuent d’agir en tant qu’agents libres en ce qui a trait à des enjeux majeurs, tenant souvent des propos pouvant s’attribuer au mouvement MAGA ou se disputant entre eux publiquement, ce qui met à la fois le chef et le parti dans l’embarras.
- En parallèle, l’influence croissante de réseaux d’influenceurs politiques de droite, suscite des critiques. Qu’ils soient des commentateurs, des animateurs de balados, des Youtubeurs et personnalités des réseaux sociaux, ils opèrent en marge des structures partisanes traditionnelles et mettent souvent le parti dans l’embarras. Les critiques envers ce groupe sont alimentées par l’idée plus large d’un mouvement en proie à des querelles publiques entre ses propres membres, un thème récemment mis en lumière dans des reportages sur les guerres intestines au sein du Parti conservateur.
Le NPD
Depuis le 7 septembre, le NPD a nommé François Picard, militant de longue date au sein du parti, comme nouveau directeur national :
- M. Picard possède une vaste expérience à des postes de haut niveau au sein du mouvement syndical et du parti, ayant notamment œuvré en tant que directeur de campagne, gestionnaire de campagne et en tant qu’organisateur électoral au Québec, en Alberta, en Ontario et au Yukon.
Le parti a progressivement redressé ses appuis à l’échelle nationale, passant de 8 % plus tôt cette année à 11 % en septembre. Il a cependant obtenu des résultats mitigés lors des récentes élections partielles :
- Dans Beaches–East York, le NPD est sorti deuxième avec environ 25,8 % des voix. C’est une amélioration importante par rapport à son effondrement lors des élections fédérales de 2025, mais le parti demeure toujours loin des libéraux victorieux.
- Dans North Vancouver–Capilano, le NPD a terminé loin derrière, se plaçant en quatrième place, avec environ 3,1 % des voix.
L’élection partielle à venir dans Rosemont–La Petite-Patrie, anciennement détenue par Alexandre Boulerice, seul député néo-démocrate du Québec, sera un défi de taille pour le parti.
Un autre défi important pour le NPD est lié à son chef qui demeure largement méconnu. Selon un récent sondage d’Earnscliffe, trois Canadiens sur dix (30 %) ne savent pas qui est Avi Lewis alors qu’un quart (26 %) n’a fourni aucune réponse à cette question, ce qui indique que le parti a encore beaucoup de travail à faire pour le faire connaître du public.

Lors de la récente réunion de caucus tenue à Toronto en prévision de la rentrée parlementaire, des rumeurs ont circulé selon lesquelles le chef Avi Lewis envisagerait de se présenter dans une circonscription de cette ville.
Prochains événements politiques à surveiller
21 septembre : rentrée de la Chambre des communes
22 septembre : rentrée du Sénat
Du 30 septembre au 1er octobre : réunion des ministres du Commerce du G20
5 octobre : élection provinciale au Québec
5 octobre : rentrée parlementaire en Colombie-Britannique
19 octobre : référendum albertain
26 octobre : élections municipales en Ontario
26 octobre : rencontre entre le premier ministre, les premiers ministres provinciaux et les chefs des Premières Nations
27 octobre : rentrée de l’Assemblée législative de l’Ontario
21 novembre : résultats de la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario
Le sondage mentionné ci-dessus, a été mené et commandité par l’équipe de recherche d’opinion d’Earnscliffe. Il s’est déroulé du 3 au 7 septembre 2026 auprès d’un échantillon stratifié représentatif de 2 011 répondants vivant au Canada, âgés de 18 ans ou plus et membres du panel LEO de Léger (avec une taille nationale effective de 1 918). Les répondants avaient la possibilité de répondre à l’enquête en français ou en anglais. À des fins de comparaison seulement, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de +/- 2,19 points à un niveau de confiance de 95 %. Les données ont été pondérées selon l’âge, le sexe et la région, en fonction des données du recensement de 2021.
Earnscliffe est membre du Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien (CRIC) et cette recherche a été effectuée en adhérant aux normes du CRIC.
Pour découvrir d’autres résultats marquants de cette recherche, veuillez vous référer aux tableaux de données ou envoyer un message au hmartin@earnscliffe.ca.