Le point de vue de l’Alberta: il est temps d’écouter l’ouest

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October 22, 2019

Le point de vue de l’Alberta: il est temps d’écouter l’ouest

dans Insights

Par Monte Solberg

Les Albertains ont envoyé un message clair la nuit dernière en éliminant tous les candidats libéraux de la province. Dans presque tous les cas, ils ont voté énergiquement contre les libéraux et, en très grand nombre, pour les conservateurs. En 2015, Kent Hehr a remporté Calgary–Centre pour les libéraux par 700 voix. La nuit dernière, il a perdu la circonscription par 16 000 voix. Le total provincial du vote populaire en dit long sur la profonde frustration de l’Alberta à l’égard du bilan de Justin Trudeau. Les conservateurs ont reçu 69,2 % des suffrages, soit 10 % de plus que les sondages ne l’indiquaient. Les libéraux n’ont obtenu que 13,7 % et le NPD 11,5 %.

Il y avait toutefois de bonnes nouvelles pour le NPD. Le parti a sauvé son seul siège, Edmonton–Strathcona, sinon tous les sièges de l’Alberta sont passés aux conservateurs.

Alors, maintenant que les Albertains ont purgé leur système, qu’est-ce qui va suivre?

Les résultats des élections attiseront sans aucun doute les feux du séparatisme dans l’Ouest. On peut entendre la discussion sur « le moment de partir » dans tous les Tim Hortons de la province, mais sans un chef crédible, il est difficile voir où cela se dirige. Cela ne veut pas dire qu’un premier ministre futé comme Jason Kenney n’essaiera pas de tirer parti de la colère suscitée par Ottawa. Le point de départ le plus évident est de plaider en faveur des pipelines, à commencer par Trans Mountain. La volonté et la détermination du gouvernement libéral de construire ce pipeline seront considérées comme un test de sa bonne foi envers l’industrie pétrolière et gazière et l’Alberta.

Le premier ministre continuera presque certainement à travailler avec ses homologues de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick pour contrer les messages du gouvernement Trudeau sur le changement climatique et contre les combustibles fossiles. Le centre névralgique du gouvernement de l’Alberta, le Canadian Energy Centre, a tout autant de chances d’être utilisé pour contrer les messages du gouvernement canadien que pour lutter contre les environnementalistes radicaux. Jusqu’à présent, le premier ministre Kenney se heurtait systématiquement aux pressions du député libéral d’Edmonton et ministre du cabinet Amarjeet Sohi. Maintenant, le premier ministre Kenney aura la tribune à lui seul.

En tant que l’un des communicateurs les plus compétents de la politique canadienne, il deviendra probablement le porte-parole du développement des ressources et du conservatisme économique, du moins jusqu’à ce que le leadership du Parti conservateur du Canada se précise. Le premier ministre Kenney est aussi bien placé que n’importe quel chef de l’opposition à la Chambre des communes pour être le plus dangereux adversaire politique du premier ministre Trudeau.