Earnscliffe Aperçu électoral 2019 – Édition 7

Earnscliffe Aperçu électoral 2019 – Édition 7

Sur le fil d’arrivée

À seulement six jours des élections de lundi prochain, nous avons atteint la dernière ligne droite de la campagne :

  • Les arguments bien rodés des partis pour obtenir l’appui des électeurs ont maintenant été affutés et restreints aux questions de l’urne et les chefs des partis se rendent dans les circonscriptions indécises à travers le pays pour la dernière fois.
  • Les blitz publicitaires de dernière minute de l’ensemble des partis battent maintenant leur plein.
  • Dans l’ensemble des partis, les initiatives pour faire sortir le vote sont à être mises au point avant le jour du vote, et les divers quartiers généraux des partis aux courses les plus serrées se vident pour travailler dans les circonscriptions.
  • Parmi les chefs, ce sera personnel, parfois amer, et grinçant!

Alors, à quoi devrait-on s’attendre?

Vote stratégique

Le vote stratégique est depuis longtemps une caractéristique du système politique multipartite du Canada. Les raisons sont évidentes : avec plusieurs partis en lice, les votes attirés par les troisième, quatrième et cinquième partis peuvent influencer de manière significative les résultats, menaçant de surmonter un favori présumé ou déplaçant un candidat de deuxième place en avance avec la ligne d’arrivée en vue.

Les partisans du vote stratégique demandent aux électeurs de mettre de côté leur première préférence en faveur d’un autre objectif pour une combinaison de raisons négatives et positives, afin d’empêcher l’un des principaux partis de prendre le pouvoir, d’assurer une opposition forte « pour faire en sorte que le gouvernement soit tenu de rendre des comptes », d’appuyer un ensemble de points de vue « qui méritent d’être entendus au Parlement » ou d’empêcher un « vote gaspillé ». Avec les sondages qui prédisent un résultat très serré lundi, il était inévitable que nous entendions des appels à voter stratégiquement dans les derniers jours de la campagne, et ils sont maintenant de plus en plus forts.

Jeudi dernier, le chef du NPD Jagmeet Singh a offert une réponse créative pour contrer les appels au vote stratégique, soulignant six priorités clés qui devraient être abordées par tout gouvernement qui émergera le 21 octobre. « Ce sont les six choses dont il faudra dire que “[n]ous avons besoin d’agir sur ces six enjeux, sinon nous ne serons pas en mesure d’aller de l’avant” », a-t-il dit.

Dimanche, M. Singh s’est davantage prononcé sur le vote stratégique en indiquant qu’il serait prêt à se joindre à une coalition avec les libéraux afin d’empêcher Andrew Scheer et les conservateurs de former le gouvernement. Lundi, il a fait marche arrière, en disant : « Ce n’était pas ma position. Je ne me concentre pas sur une coalition. Je ne négocie pas l’avenir aujourd’hui. Aujourd’hui, je dis aux Canadiens ce qu’ils peuvent faire… si vous votez pour un néo-démocrate, vous connaissez nos priorités et le point où nous en sommes. »

Interrogé à plusieurs reprises sur les idées de la coalition de M. Singh, le chef libéral Justin Trudeau a refusé de prendre l’appât : « Notre objectif est d’élire un gouvernement progressiste, et non une opposition progressiste, et de veiller à ce que nous arrêtions les compressions des conservateurs. » La réaction du chef conservateur Andrew Scheer était également prévisible : « Mon message aux Canadiens est le plus clair : seule une majorité conservatrice peut empêcher un gouvernement avec Justin Trudeau comme porte-parole, mais où c’est le NPD qui prend les décisions. »

Où sont les chefs cette semaine

Alors que la course se rapproche de plus en plus du fil d’arrivée, les meilleurs espoirs de chaque chef et les pires craintes en termes de résultats électoraux sont révélés dans les derniers jours. Chaque parti commence la campagne avec une série de listes qui résument leur évaluation de l’état d’ensemble de chaque circonscription et les regroupe sous des rubriques comme celles-ci : « attendre/victoire possible », « doit sauver », « à gagner » et « aucun espoir ».

Ces listes sont mises à jour au fur et à mesure que la campagne progresse et sont ajustées en conséquence. Les circonscriptions classées comme « victoires sûres » au départ peuvent devenir douteuses et passer à la catégorie « doit sauver ». Une marée électorale montante ou un candidat fort pour un parti peut faire passer une circonscription de « à gagner » ou « aucun espoir » à « victoire possible ». En fonction de l’endroit où les chefs choisissent de faire campagne cette semaine, nous voyons comment ils évaluent leurs chances, et où il y a plus de travail à faire pour assurer une victoire serrée, marquer un renversement ou sauver les meubles.

Dépenses et coupures

Les conservateurs et le NPD ont publié leurs plates-formes complètes avec les coûts du directeur parlementaire du budget (DPB) vendredi dernier.

La plate-forme conservatrice contenait d’importantes surprises qui pourraient influencer les derniers jours de la campagne. Afin de financer leurs réductions d’impôts et leurs promesses de dépenses tout en revenant à l’équilibre budgétaire en cinq ans, ils promettent de réduire les dépenses de programmes directes de plus de sept pour cent.
Cela les assujettit à des demandes prévisibles pour qu’ils révèlent les programmes et les services qui seraient coupés pour trouver les économies nécessaires.

De plus, les conservateurs proposent de retarder les dépenses d’infrastructure en les reportant à l’avenir et augmentant les dépenses après 2030. Il s’agit d’un intéressant tour de passe-passe, mais en pratique, cela signifie des compressions de 18 milliards de dollars dans les dépenses d’infrastructure au cours des cinq prochaines années, et dont la Fédération canadienne des municipalités n’a pas tardé à se plaindre. Enfin, les conservateurs promettent de réduire les dépenses de fonctionnement non salariales du gouvernement fédéral de six pour cent sur cinq ans, mais il est difficile de voir comment cet objectif pourrait être atteint sans réduire le personnel ou les programmes.

La plate-forme du NPD prévoit un déficit de 32,7 milliards de dollars pour l’année prochaine et résume le coût total de ses 70 nouvelles mesures de dépenses à 35 milliards de dollars d’ici l’exercice 2023-2024. Le plan de dépenses et d’imposition ne prévoyait aucune date pour un retour à l’équilibre budgétaire.

En dévoilant son programme, M. Singh a soutenu que les mesures fiscales et de dépenses proposées par son parti étaient nécessaires et durables. Mais Mustafa Askari, de l’Institut des finances publiques et de la démocratie de l’Université d’Ottawa, a déclaré que les hausses d’impôts et les augmentations de dépenses « historiques » proposées par le parti « présentent un risque économique et fiscal important » et que « ces objectifs sont très difficiles à atteindre sans perturber considérablement l’économie ».

L’achat publicitaire rétropondéré

La publicité joue un rôle clé dans la diffusion des messages des partis politiques lors d’une élection et dans la mise en place de promesses et de questions spécifiques de plate-forme devant les électeurs potentiels. Pour la dernière semaine de la campagne, les partis « pré-chargent » leurs achats publicitaires respectifs pour un effet optimal, à partir de deux ou trois semaines avant le jour de l’élection et en forte augmentation pour les derniers jours.

Les achats les plus importants sont pour la télévision, tant pendant les grandes émissions que les grands événements sportifs (LNH, LCF et NFL), ainsi que pour les petits câblodistributeurs qui permettent beaucoup plus de ciblage. Aussi, attendez-vous à être bombardé d’annonces radio si vous vivez dans une circonscription de banlieue volatile où le va-et-vient quotidien vous piège dans votre voiture matin et soir. Celles-ci peuvent être à la fois très actuelles et quelque peu pointues, car les partis font des compromis entre la valeur de production et la nécessité d’une diffusion rapide dans les derniers jours pour répondre aux événements de dernière heure et au changement de contexte. Elles peuvent également inclure des coups négatifs dirigés vers les chefs et comprendront certainement des appels à voter stratégiquement.

Les annonces télévisées et radiophoniques sont souvent diffusées publiquement par les partis et sont relativement faciles à voir et à entendre, mais le grand nombre d’annonces qui ciblent les électeurs, collectivement ou individuellement, par l’entremise de diverses plates-formes de médias sociaux, sont moins visibles. Selon Facebook :

  • Le 8 octobre, les libéraux avaient dépensé un total de 540 000 $ en publicité sur Facebook depuis juin, et 114 000 $ pour la seule période du 2 au 8 octobre.
  • Les conservateurs ont dépensé 785 000 $ sur Facebook au cours de la même période, avec une augmentation de 245 000 $ au cours de la première semaine d’octobre.
  • Reflétant leur capacité financière, les chiffres du NPD étaient moindres, mais montrent une tendance similaire : 219 000 $ de juin au 8 octobre, dont 47 000 $ ont été dépensés du 2 au 8 octobre.

La dernière semaine

Par Elly Alboim

La dernière semaine de la campagne se déroule comme elle le fait toujours, en particulier lors d’une course serrée. Les appels au vote stratégique sont de plus en plus insistants de la part des trois grands partis, quoiqu’avec des objectifs différents. Les achats de publicité inondent les électeurs de messages négatifs avec une montée en puissance correspondante dans le ton de la rhétorique des chefs. Et les campagnes envisageront les « je vous salue Marie » pour changer la dynamique. À la fin de semaine dernière, Elly Alboim a établi une feuille de route pour la dernière semaine dans son analyse hebdomadaire pour Carleton’s Capital Currents Lire ici.

Le rythme et les rebondissements de la formation des gouvernements minoritaires

Par Geoff Norquay

Par Yaroslav Baran

Avec les sondages qui présagent encore une impasse et qui indiquent une minorité probable résultant de l’élection de lundi prochain, il est utile d’examiner comment un gouvernement est formé à la suite d’un vote non concluant. Il y a plusieurs conventions constitutionnelles et des précédents qui ne sont souvent pas entièrement compris.

C’est un mythe répandu que les élections canadiennes décident toujours qui gouvernera le pays. Bien que les décomptes de sièges qui défilent sur nos écrans de télévision le soir de l’élection peuvent sembler finalement déclarer un « gagnant », la réalité est que les gouvernements sont formés au Canada et non élus. Et dans notre système fondé sur Westminster, la formation des gouvernements est confirmée par l’établissement de la « confiance » de la Chambre des communes.

Avec 338 sièges à la Chambre des communes aujourd’hui, la majorité est atteinte à 170 sièges. Si un parti en particulier gagne ce nombre de sièges ou plus, la confiance est garantie. Mais si aucun parti ne remporte plus de la moitié des sièges, l’établissement de la confiance devient plus complexe et peut nécessiter des arrangements impliquant plusieurs partis et même des députés indépendants.

Il n’y a pas de règlement écrit qui détaille le processus pour passer de la soirée électorale à l’assermentation d’un nouveau gouvernement dans un parlement minoritaire. Au lieu de cela, les procédures à suivre reposent sur des conventions constitutionnelles et des précédents, c’est-à-dire des pratiques antérieures qui ont fini par être reconnues et acceptées par la plupart, sinon la totalité, des participants.

Qui a « l’option de premier refus » pour devenir premier ministre?

En vertu de notre constitution, la gouverneure générale est tenu de s’assurer que le pays a un premier ministre en tout temps. De plus, un premier ministre réélu avec une minorité demeure en fonction jusqu’à ce qu’il obtienne la confiance ou qu’il soit défait à la Chambre. Un gouvernement continue jusqu’à ce qu’il soit remplacé, donc c’est le titulaire en place qui est toujours le point de départ. Cette règle s’applique même si le premier ministre a été réélu avec moins de sièges qu’un autre parti. Du point de vue constitutionnel, le premier ministre sortant a toujours la possibilité de conseiller le gouverneur général qu’il ou elle a la situation sous contrôle et peut continuer à gouverner en établissant la confiance.

Il y a une condition supplémentaire qui doit être remplie par un premier ministre en exercice dont une minorité cherche à demeurer en fonction — l’obligation de rencontrer le Parlement dès que possible pour établir la confiance manifeste dans le gouvernement par un vote des communes. Et dans le cas d’un gouvernement dirigé par un deuxième parti, le gouverneur général ne consentirait pas à permettre à un tel arrangement précaire de continuer sur un délai de plusieurs mois. Dans un tel scénario, la « convention de transition » restreignant les actions du gouvernement pendant une période électorale resterait en vigueur jusqu’à ce que la confiance soit clairement établie. En vertu de cette convention, un gouvernement ne peut entreprendre que des activités « d’ordre administratif ». Il lui est interdit d’adopter une nouvelle politique – un gros problème pour un nouveau gouvernement.

Bien que la décision d’un premier ministre avec moins de sièges qu’un autre parti de demander la confiance soit presque invariablement contestée par le principal parti, il faut noter que le seul forum pour essayer de la contester est celui de l’opinion publique. Le vote populaire et un nombre de sièges plus élevé dans l’élection qui vient de prendre fin ne sont pas pertinents pour le processus établi, autre que d’être un point de discussion commode pour ceux qui montent une argumentation politique. Un autre parti a peut-être vaincu le parti du premier ministre pour ce qui est de l’appui populaire ou même du nombre de sièges, mais le droit d’un premier ministre en exercice de rencontrer la Chambre et de chercher la confiance en premier est appuyé par précédent et l’emporte sur tous les arguments politiques qui peuvent être avancés.

Il y a un exemple canadien récent qui montre comment ces conventions et précédents fonctionnent dans la pratique. Aux élections de 2018 au Nouveau-Brunswick, le premier ministre libéral Brian Gallant a remporté 21 sièges, un de moins que les progressistes-conservateurs de Blain Higgs (22 sièges). M. Higgs a publiquement contesté le droit du premier ministre Brian Gallant de demander la confiance d’abord. Cependant, guidé par un précédent, le premier ministre a nommé un cabinet, a rencontré l’Assemblée législative provinciale puis a tenté d’établir la confiance. Le gouvernement fut défait lors de son premier discours de du trône et M. Higgs, le chef qui avait remporté le plus de sièges, fut alors invité par le lieutenant-gouverneur à former un nouveau gouvernement.

De quoi le premier ministre a-t-il besoin pour établir la confiance?
Dans une situation minoritaire, la répartition des sièges détermine le soutien nécessaire pour maintenir le gouvernement au pouvoir. De combien de sièges le premier ministre a-t-il besoin pour obtenir une majorité suffisante et où se trouvent-ils? De toute évidence, si le soutien d’un seul tiers parti est suffisant pour assurer la stabilité, cela simplifiera la situation. Si l’accord de plusieurs partis est nécessaire pour obtenir une « majorité suffisante », les négociations seront plus complexes.

De quelle façon la confiance est-elle établie en particulier?
Une fois qu’un gouvernement est en place, la confiance est établie par un vote favorable à la Chambre des communes ou à une assemblée législative provinciale sur un discours du Trône, un budget, un projet de loi de dépenses ou une motion spécifique de confiance/non-confiance. L’un ou l’autre suffit. Dans un scénario où un budget est immédiatement nécessaire, le gouvernement pourrait sauter ou reporter le vote complet sur un discours du Trône, et déposer un budget. Un vote d’acceptation sur cette mesure est tout ce qui est nécessaire pour acquérir et confirmer l’autorité et la légitimité du gouvernement.

Comment un chef s’y prend-il pour établir la confiance?
L’histoire politique canadienne suggère qu’aux niveaux fédéral et provincial, les stratégies nécessaires pour qu’un gouvernement minoritaire survive grâce à des arrangements entre les partis ont donné lieu à quatre types de base d’arrangements minoritaires :

  • Le parti au pouvoir met en œuvre son programme en négociant l’appui d’un ou plusieurs autres partis sur une base ad hoc/question par question;
  • Le parti au pouvoir conclut une alliance informelle avec un ou plusieurs autres partis : soit l’engagement à adopter les politiques spécifiques de ce parti en échange d’un soutien sur le discours du Trône, les budgets et les grands projets de loi;
  • Le parti au pouvoir négocie une entente officielle avec un ou plusieurs autres partis, un document écrit avec des détails et des échéanciers précis. (Peterson/Rae en Ontario, 1985-1987, et l’entente actuelle entre le NPD et les verts en Colombie-Britannique);
  • Un gouvernement de coalition est formé dans lequel les positions du cabinet sont partagées entre les différents partis. Un tel gouvernement a été créé en 1917 pendant la Première Guerre mondiale par le premier ministre Robert Borden. Son gouvernement unioniste comprenait 12 conservateurs et neuf libéraux et indépendants, et une élection générale en décembre 1917 a donné aux unionistes une grande majorité. Le gouvernement de Borden en 1917 est le seul exemple d’un gouvernement de coalition dans l’histoire du Canada. En 2008, les partis libéral et néo-démocrate de l’opposition ont proposé une coalition qui voterait la non-confiance au gouvernement de Stephen Harper, et qui fusionnerait l’ensemble de leurs sièges dans un pacte multipartite sous le chef libéral Stéphane Dion, puis formerait un nouveau gouvernement de coalition. Sur le plan constitutionnel, un tel plan aurait été tout à fait légitime, mais l’initiative de coalition s’est effondrée après que Harper eut obtenu une prorogation controversée du gouverneur général pour gagner du temps.

Il est relativement facile d’intégrer les gouvernements minoritaires canadiens au cours des 56 dernières années dans ces trois catégories. La plupart ont adopté l’approche « ad hoc », les deux minorités de Lester Pearson, Paul Martin et deux minorités de Stephen Harper font toutes partie de cette catégorie. Aucun de ces gouvernements n’avait de parti d’opposition en particulier comme « partenaire de danse » régulier, bien que le gouvernement Martin ait conclu une entente ponctuelle avec le NPD pour adoucir son budget et éviter la défaite au printemps 2005. En 1979-1980, Joe Clark a choisi de « gouverner comme s’il avait une majorité » avec des résultats désastreux, perdant son gouvernement sur un vote du budget après avoir été au pouvoir pendant seulement neuf mois.

Le gouvernement de Pierre Trudeau de 1972-1974 était une minorité d’« alliance informelle » grâce à son entente avec le NPD, et le gouvernement ontarien de David Peterson de 1985 à 1987 était une minorité « d’entente formelle », toujours avec le NPD. Dans cette affaire, les libéraux de l’Ontario se sont engagés à un « accord » écrit de deux ans avec le NPD pour introduire une série de mesures progressistes spécifiques qui comprenaient l’équité salariale, l’amélioration du logement social, la réforme du droit du travail et des mesures plus rigoureuses de protection de l’environnement, avec des échéanciers clairement fixés.

En 2017, le NPD et les verts de la Colombie-Britannique ont signé l’entente de gouvernement minoritaire la plus complète jamais vue au Canada. Leur accord de confiance et d’approvisionnement s’étend sur 10 pages et énonce des ententes de consultation et de nombreuses initiatives politiques spécifiques, toutes fondées sur le principe de « bonne foi et pas de surprises ». Il établit même un secrétariat formel pour gérer les consultations nécessaires pour soutenir l’accord. À l’automne 2019, cet accord semble suffisamment durable pour durer un mandat complet de quatre ans.

Un « scénario de rechange » : l’opinion publique
Enfin, il y a la dimension non constitutionnelle : l’opinion publique. Comme nous l’avons déjà mentionné, en 2008, le premier ministre Harper s’est tourné vers la prorogation pour éviter une tentative de l’opposition de créer un gouvernement de coalition.

M. Harper et les conservateurs ont profité de la pause créée par la prorogation pour lancer une campagne de relations publiques contre les plans des partis d’opposition, les présentant comme une perversion de la volonté de l’électorat, qui venait de voter quelques semaines plus tôt pour réélire les conservateurs. De plus, la campagne de Stephen Harper s’est concentrée sur l’adhésion du Bloc québécois à la coalition, accusant les libéraux et le NPD de « renverser la volonté démocratique en faisant équipe avec les séparatistes ». Le blitz de relations publiques a fonctionné : au moment où le Parlement s’est réuni de nouveau, l’accord s’est effondré sous la pression interne et externe et M. Harper a survécu au vote de confiance qui a suivi.

Cela révèle que, comme toujours en politique, l’opinion publique peut parfois avoir autant d’importance que les règles.

Qu’est-ce que cela signifie pour le 21 octobre?
Il n’est jamais possible de prédire avec précision les résultats d’une élection tant que les votes n’ont pas été exprimés et comptés. Les sondages et les différents nombres de sièges prévus suggèrent actuellement qu’une majorité ou un résultat minoritaire est possible – pour quelqu’un. Mais si les Canadiens élisent effectivement une minorité, nous pourrions avoir quelques jours ou semaines de négociations et d’intrigues avant de savoir qui sera le premier ministre.

Bataille en Ontario : Comment cela façonnera-t-il les résultats?

Par Charles Bird

Par Chris Ball

La voie du succès électoral au Canada passe habituellement par l’Ontario et cette élection ne semble pas différente. Au cours des 15 dernières élections fédérales qui remontent à 1968, ce n’est qu’à deux reprises que le parti porté au pouvoir n’avait pas obtenu la pluralité des votes en Ontario (1972 et 2006). Il est presque impossible de former un gouvernement majoritaire sans gagner dans l’Ontario riche en votes. En 2015, les libéraux de Justin Trudeau ont réussi à obtenir 80 des 121 sièges dans la province, soit près de la moitié des sièges que les libéraux remporteraient, formant ainsi un gouvernement majoritaire. En revanche, lors des élections fédérales précédentes en 2011, les libéraux n’ont obtenu que 11 sièges, tandis que les conservateurs ont remporté 73 sièges en route vers une victoire majoritaire.

En 2019, 124 des 338 circonscriptions canadiennes se trouvent en Ontario, ce qui représente plus du tiers des circonscriptions à travers le pays, la région du Grand Toronto (RGT) représentant à elle seule quelque 55 circonscriptions (plus que tous les sièges en Colombie-Britannique, troisième plus importante province au Canada). En 2015, les libéraux ont remporté tous les sièges sauf huit dans la RGT et devront à nouveau obtenir un grand nombre de ces circonscriptions s’ils souhaitent demeurer au pouvoir.

À l’heure actuelle, les libéraux semblent mener dans la plupart des 25 circonscriptions de la ville de Toronto (le « 416 »), et une poignée de circonscriptions trouvent le NPD en position de force pour l’emporter. Les circonscriptions entourant Toronto, communément appelées « le 905 », sont beaucoup plus concurrentielles à l’heure actuelle, les libéraux et les conservateurs luttent pour la primauté dans la plupart d’entre elles. Cela témoigne de l’importance singulière de la base des organisations respectives des partis et de la capacité de faire sortir le vote avant et lors du jour de l’élection. Malgré des gains substantiels aux élections provinciales de 2018 en Ontario dans des endroits comme le centre-ville de Toronto et Brampton, le NPD n’a pas encore réalisé de percées dans la RGT, hormis quelques circonscriptions. Tout cela pourrait changer compte tenu de l’élan dont jouit actuellement le NPD, selon les données récentes des sondages.

Le NPD bénéficie d’une certaine force fondamentale dans d’autres régions urbaines comme Windsor, Hamilton, London, et certaines parties du Nord de l’Ontario et les derniers jours de la campagne pourraient être essentiels pour consolider l’appui du NPD dans ces régions et inciter les électeurs à se présenter aux urnes le jour du scrutin. Le Parti vert serait chanceux d’obtenir ne serait-ce qu’un siège en Ontario. En même temps, toute augmentation des votes pour le NPD ou le Parti vert dans la province pourrait causer des problèmes aux libéraux, ce qui entraînerait un fractionnement des votes pouvant permettre aux conservateurs de l’emporter dans certaines circonscriptions inattendues.

À l’approche du jour de l’élection, les libéraux et les autres partis présenteront leurs messages aux électeurs en termes de plus en plus stratégiques, chacun faisant valoir que tout vote pour ses rivaux pourrait avoir des conséquences électorales imprévues.

Pour leur part, les conservateurs se portent bien dans l’ensemble des régions rurales de l’Ontario et dans le 905, mais ils doivent probablement compter sur le fait que le NPD soit suffisamment fort pour faire fondre les votes libéraux et donner aux candidats conservateurs une chance viable de gagner ces circonscriptions. Certains ont laissé entendre que cela a été rendu plus difficile par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui est impopulaire dans certaines régions de la province, mais qui a été extrêmement discipliné en ne se laissant pas entraîner dans les fracas électoraux au cours de la campagne fédérale. En revanche, le premier ministre conservateur de l’Alberta, Jason Kenney, et un certain nombre de ses ministres ont fait des incursions dans la RGT pour appuyer les candidats conservateurs fédéraux dans le but de plaire aux électeurs conservateurs potentiels.

Vous n’aurez pas non plus à regarder loin pour voir le barrage de publicités de parti qui couvrira les ondes alors que les chefs présentent leurs arguments finaux aux électeurs dans les derniers jours de la campagne. Ce que vous pourriez ne pas voir, c’est le grand nombre d’annonces qui seront diffusées aux électeurs ciblés individuellement via les médias sociaux. Il demeure difficile d’évaluer l’impact cumulatif de tout cela, sauf pour dire que le message devrait devenir de plus en plus négatif, sinon carrément méchant, à l’approche du jour de l’élection.

Champ de bataille en C.-B. : La dernière semaine

Par Don Stickney

En ce début de dernière semaine de l’élection fédérale, la Colombie-Britannique demeure un champ de bataille politique complexe et fluide où des luttes à trois et quatre qui divisent les libéraux, les conservateurs, le NPD et les verts pourraient aboutir à des résultats surprenants le 21 octobre. Compte tenu de la course nationale serrée, on s’attend à ce que les résultats en C.-B. décident du résultat global de l’élection la semaine prochaine.

Au début de cette campagne électorale, les sièges en C.-B. étaient répartis comme suit :

  • Libéral – 17
  • NPD – 13
  • Conservateurs – 9
  • Verts – 2
  • Indépendant – 1
  • Total : 42

Les chefs des quatre principaux partis politiques ont vigoureusement fait campagne à travers la C.-B. tout au long de l’élection et on s’attend à ce qu’ils passent beaucoup de temps dans la province au cours de la dernière semaine, ce qui souligne le nombre de sièges qui demeurent en jeu. Le mouvement des chefs cette semaine fournit une solide indication de l’endroit où les campagnes croient qu’ils ont des possibilités de maintien ou de gains.

Les questions de politique telles que l’abordabilité, le transport en commun et l’environnement continuent de dominer la couverture médiatique traditionnelle, mais on s’attend à ce qu’elles prennent le siège du passager dans les derniers jours, en raison de considérations de vote stratégique dans une province avec une longue histoire de polarité politique.

Aux fins de l’analyse, la C.-B. peut être divisée en trois sous-régions : la vallée du bas Fraser, l’île de Vancouver et l’intérieur-Nord, dont chacune a ses propres particularités politiques et le potentiel de fournir des résultats intéressants le soir de l’élection.

La vallée du bas Fraser – Cette région représente la part du lion des 42 sièges de la C.-B. avec de nombreuses courses concurrentielles impliquant les libéraux, les néo-démocrates et les conservateurs. Le vote vert est peu susceptible d’être assez important pour assurer un siège ici, cependant, selon la circonscription, il pourrait agir comme un scénario de rechange susceptible soit d’aider à élire ou d’empêcher l’élection d’un titulaire actuel.

Les libéraux ont présenté leur chef Justin Trudeau et ses racines en Colombie-Britannique d’une série d’annonces faites-en-Colombie-Britannique qui ont été diffusées en rotation élevée, tant sur les plates-formes de médias traditionnelles que numériques. Le député de Burnaby-Sud et chef du NPD, Jagmeet Singh, a mené une campagne énergique dans les circonscriptions traditionnellement tenues du NPD dans cette région, y compris celles de Burnaby, Tri-Cities et les quartiers est de Vancouver et Surrey. Le chef conservateur Andrew Scheer continue de se concentrer sur les circonscriptions cibles au sud du fleuve Fraser, choisissant la circonscription de Delta pour lancer la plate-forme de son parti le 11 octobre. En fin de compte, il y a de nombreux enjeux dans la vallée du bas Fraser pour tous les partis politiques et ils déploient d’importantes ressources de campagne dans cette région dans leurs tentatives de gagner.

L’île de Vancouver – La chef du Parti vert, Elizabeth May, a mené une solide campagne depuis sa circonscription de Saanich–Gulf Islands. Nous nous attendons à voir des courses à trois entre les verts, le NPD et les libéraux dans les trois circonscriptions du Sud de l’île de Vancouver, en particulier Victoria et Esquimalt–Saanich–Sooke, alors que les conservateurs devraient mener une solide course dans quatre circonscriptions au nord de la région de la capitale, y compris Cowichan–Malahat–Langford.

Intérieur-Nord – Alors que cette région « populiste » de la C.-B. a toujours montré une compétition entre les conservateurs et le NPD, les libéraux ont fait une percée historique dans Kelowna en 2015. Il reste à voir si les solides campagnes libérales dans les plus grands centres urbains de l’intérieur comme Kelowna et Kamloops s’en tireront le 21 octobre dans une région qui a traditionnellement élu des néo-démocrates et des conservateurs.

Miser sur le leadership : deux partis y arrivent, d’autres ont de la difficulté

Par Doug Anderson

Les deux mesures que les sondages électoraux suivent le plus régulièrement sont l’intention de vote et l’évaluation de l’éventuel meilleur premier ministre. Essayer de comprendre comment les Canadiens acquièrent leurs impressions sur les chefs, les critères qu’ils utilisent pour former ces jugements et comment cela se traduit dans leurs intentions de vote font partie de le plus récent sondage d’Earnscliffe auprès de 1 756 électeurs canadiens admissibles.

Nul besoin d’un sondage pour savoir que les chefs des partis sont une force cruciale dans les campagnes électorales, mais il est surprenant de voir à quel point les évaluations des chefs influent sur les intentions de vote pour les libéraux et les conservateurs, mais pas les autres partis. En partie, le manque relatif de familiarité et d’impression générale (positive ou négative) pour les quatre chefs (Singh, May, Blanchet et Bernier) explique cette différence. Au cours des huit derniers mois, l’opinion des Canadiens à l’égard de chacun des dirigeants fédéraux a changé de différentes façons. Depuis un sondage mené par Earnscliffe en février dernier, Jagmeet Singh du NPD et Yves-François Blanchet du BQ ont tous deux pu établir des impressions beaucoup plus larges et nettement plus positives. Pour Elizabeth May du Parti Vert, il y a eu un léger changement, passant d’une opinion négative du chef à une opinion positive, et pour Maxime Bernier du Parti populaire, le changement est passé d’une opinion négative à une impression négative.

Il est toutefois révélateur qu’une majorité d’électeurs ne puisse donner une impression positive ou négative d’aucun des chefs du NPD, du BQ et du Parti vert et du Parti populaire. Pour Jagmeet Singh, le nombre de personnes sans aucune impression s’élève à 56 %. Pour le mois de mai, il est de 61 %, Yves-François Blanchet, 54 % des électeurs québécois et Maxime Bernier 66 %. Si l’on considère depuis combien de temps ces chefs occupent leur position – et à cette date tardive de la campagne – il est très peu probable que les autres chefs puissent combler cet écart de familiarité entre maintenant et le jour des élections.

Les opinions envers Justin Trudeau du Parti libéral et d’Andrew Scheer du Parti conservateur sont les plus polarisées, mais comparativement aux autres chefs, beaucoup plus d’électeurs ont au moins une opinion dans un sens ou dans l’autre.
Pour M. Scheer, au cours des huit derniers mois, le nombre de personnes qui ont une impression favorable ou défavorable est passé de 38 % à 51 %, mais où le taux d’opinion était favorable en février, le contraire est vrai encore aujourd’hui. Les impressions favorables ont légèrement augmenté, passant de 23 % à 26 %, mais la proportion de personnes ayant une impression défavorable a plus que doublé, passant de 15 % à 35 %.

En tant que premier ministre en poste et en tant que l’un des deux seuls chefs à avoir été chef d’une campagne électorale, il ne devrait pas être étonnant que les Canadiens aient des opinions sur M. Trudeau depuis quelque temps déjà. Tant dans notre sondage de février que dans la plus récente étude, les trois quarts (74 %) des électeurs canadiens indiquent avoir une impression d’une façon ou d’une autre. Toutefois, depuis notre sondage de février, malgré certaines controverses très médiatisées, les impressions de M. Trudeau n’ont connu qu’un changement modeste. Six pour cent d’entre eux sont passés d’une impression favorable à une impression défavorable, ce qui a fait passer le solde des opinions d’assez favorable à légèrement défavorable.

En général, les recherches indiquent qu’il existe une corrélation entre la façon dont les gens se sentent favorables à l’égard d’un chef et la façon dont ils disent que leur impression d’un chef a changé. Si les gens ont une impression positive à l’égard d’un chef, il arrive souvent qu’ils disent aussi que leur impression de ce chef s’est améliorée.

Toutefois, ces résultats montrent un phénomène intéressant impliquant M. Trudeau. Il se distingue des autres en ce qu’un segment important des électeurs (9 %) a une impression globalement positive de lui et en même temps, que leur impression a empiré. En d’autres termes, il a peut-être déçu certains électeurs, mais ils sont toujours prêts à le soutenir.

 

Notre sondage montre également que l’évaluation négative d’un chef est un test décisif de la façon dont les gens votent. Si on l’échoue, le parti ne sera pas considéré. En bref, si une personne a une impression négative au sujet d’un chef, il n’y a pratiquement aucune chance qu’elle vote pour ce parti et est très peu susceptible même d’envisager ce choix.

La neutralité n’est pas beaucoup plus utile. Si une personne a une opinion neutre d’un chef, il y a généralement une certaine volonté de le considérer, mais peu de préférence réelle.

Les sentiments positifs ont un impact différent. Le fait d’avoir une impression positive d’un chef rend certainement beaucoup plus probable qu’une personne est prête à envisager ou a actuellement l’intention de voter pour un parti, mais le fait de s’appuyer sur des évaluations positives ne suffit pas dans tous les cas. Lorsqu’il s’agit d’évaluer les chefs, les partisans libéraux et conservateurs font preuve d’une férocité presque tribale. Si une personne a une impression positive de l’un ou l’autre, plus de 80 % sont prêts à considérer le parti de ce chef et de 70 % à 80 % disent qu’ils ont actuellement l’intention de voter de cette façon. Inversement, une vision positive d’un chef signifie la quasi-certitude d’une vision négative de l’autre, créant une sorte d’exclusivité qui est un aspect clé du tribalisme.

Pour les partisans des autres partis, l’impression de leadership a beaucoup moins d’influence dans l’établissement de l’intention de vote. Une impression positive de chefs comme M. Singh ou Mme May ne donne pas lieu au même degré d’exclusivité, de considération du parti ou d’intention de vote généré par les dirigeants du PCC et du PLC.

Si on ventile les données, nous montrons toute l’étendue de la loyauté partisane qui est motivée par les évaluations des chefs.

Les électeurs libéraux ont un problème majeur avec un seul chef. Parmi les gens qui ont une impression positive de M. Trudeau, seulement 18 % disent la même chose de M. Scheer, mais la majorité des libéraux ont des impressions positives de M. Singh (64 %) et Mme May (57 %).

Les libéraux ont un avantage distinct parmi les électeurs qui ont des impressions positives simultanées des autres chefs de centre-gauche

  • Parmi les 15 % d’électeurs canadiens qui ont une impression positive de messieurs Trudeau et Singh, 78 % sont prêts à considérer les libéraux, tandis que seulement 54 % sont prêts à considérer le NPD. Il convient de noter que près des deux tiers (64 %) disent actuellement qu’ils vont voter libéral.
  • Parmi les 12 % d’électeurs canadiens qui ont une impression positive de M. Trudeau et de Mme May, 78 % sont prêts à considérer le libéral alors que seulement 43 % sont prêts à considérer les verts; 63 % disent actuellement qu’ils vont voter libéral.

Les conservateurs, quant à eux, sont beaucoup plus exclusifs que les libéraux, gravitant vers « leur » chef et seulement leur chef. Parmi les électeurs qui ont une impression positive de M. Scheer, seulement 22 % disent la même chose de M. Trudeau, tandis que M. Singh (35 %) et Mme May (42 %) sont considérés un peu plus positivement, mais ces sentiments ne sont toujours pas répandus.

En essayant de comprendre comment les gens développent une préférence, la question de l’influence des caractéristiques personnelles d’un chef se pose. Notre analyse démontre que les attributs personnels attribués ont, au mieux, seulement l’influence secondaire au choix des électeurs. Ceux qui aiment un chef sont généralement plus prédisposés à dire que tous ou la plupart de la douzaine de traits positifs mis à l’essai s’appliquent à ce chef. Inversement, s’ils n’aiment pas le chef, les répondants ont beaucoup de difficulté à dire que l’un ou l’autre des attributs s’applique à lui. Cela étant dit, les électeurs sont plus susceptibles d’avoir une impression globalement favorable d’un chef qu’ils ne le sont d’attribuer un attribut positif spécifique à ce chef. En d’autres termes, une préférence générale pour un chef n’est pas nécessairement fondée sur des traits positifs particuliers. Cependant, certains attributs ont plus d’influence que d’autres sur les choix des électeurs et différemment pour chaque chef.

 

Un examen de la corrélation entre les attributs spécifiques de leadership et la volonté d’envisager de voter pour le parti de ce chef montre que :

  • Les attributs dont chaque parti peut tirer parti varient d’un chef à l’autre.
  • Pour chaque parti, l’élargissement du nombre de personnes qui estiment qu’un ou deux attributs spécifiques décrivent leur chef, et la stimulation des électeurs à considérer ce trait, est susceptible d’être plus stratégiquement valable que d’autres.
  • PCC : Scheer est un bon choix pour diriger le gouvernement fédéral;
  • PLC : Trudeau est un bon choix pour représenter le Canada à l’échelle internationale;
  • NPD : Singh a des valeurs comme les vôtre et est un bon choix pour représenter le Canada à l’échelle internationale;
  • Vert : May a des valeurs comme les vôtres.

Conséquences stratégiques pour mettre l’accent sur le leadership

  • Vendre le leader. Le leadership compte le plus. Il y a peu de chances de convaincre les électeurs de voter sur la base d’une politique – ou quoi que ce soit d’autre – s’ils n’ont pas une impression favorable du chef. Inversement, la création d’une impression négative d’un chef adverse, surtout si vous ciblez le vote libéral ou conservateur, fera dévier les votes.
  • Placer un leader contre ses attributs de force. Mettez en évidence les traits personnels que les dirigeants possèdent déjà et essayez de conduire jusqu’à l’importance de ces attributs.
  • Jeter de l’ombre fonctionne. Si les électeurs peuvent être refoulés du chef d’un autre parti, cela s’apparente à l’empoisonnement du puits de ce parti. Le calcul est clair, le fait de ne pas aimer un chef signifie perdre presque toute volonté de voter pour ce parti. Pour le bien ou le mal, c’est la raison pour laquelle la publicité ou la messagerie négative est devenue une partie centrale de la campagne moderne.
  • Accroître l’exclusivité de choix. La dynamique des « deux tribus » qui est si évidente dans le vote libéral et conservateur empêche ceux qui aiment M. Scheer d’aimer M. Trudeau et vice versa. À l’heure actuelle, les deux partis semblent tirer parti avec succès des impressions favorables de leur propre chef. Cependant, les libéraux semblent plus vulnérables, étant donné la forte propension des gens qui aiment M. Trudeau à aimer au moins un autre chef. Jusqu’à présent, le NPD et le Parti vert n’ont pas réussi à attirer ces électeurs « mutuellement amicaux », mais l’occasion existe si les bons leviers peuvent être tirés à temps.

  • Les sondages du 15 octobre 2019

    Dans l’ensemble, la tendance la plus importante dans l’intention de vote à l’échelle nationale est la montée du NPD. La hausse de l’appui semble avoir décollé dans les jours qui ont suivi immédiatement le débat de langue anglaise. Les conservateurs et les libéraux demeurent très serrés, généralement aucun des deux partis n’ouvrant un écart suffisamment grand pour être qualifié d’avance. Le gain du NPD semble, dans l’ensemble, se faire aux dépens des deux grands partis, mais à l’échelle régionale, le gain se fait davantage aux dépens de l’un de ces partis que de l’autre. Il convient également de noter l’essor du BQ au Québec. Il y a une maxime selon laquelle le Québec a tendance à s’associer autour d’un choix consensuel et si c’est le cas, le BQ pourrait continuer à gagner des parts de vote au-delà des niveaux actuels et à priver de sièges précieux les deux partis avec une chance réaliste d’obtenir une majorité. Comme nos propres recherches l’ont montré, les électeurs sont plus volatils que jamais et l’appui peut certainement changer de façon concrète d’ici le jour de l’élection.

     


    Earnscliffe is pleased to present the results of our latest survey of the Canadian electorate.  In this Special Bulletin of Earnscliffe’s Election Insights, we share insights on what could still happen in this election; how to leverage leadership; and, how (if at all) voters are considering the parties’ electoral promises.

    In the coming days, we will share further insights on the issues influencing voters’ choices as well as other topics covered in the survey.

    About our survey (Methodology):  The results are based upon an online survey of 1,756 eligible Canadian voters randomly recruited through the use of the Leger Opinion (LEO) online panel.  The survey was conducted between October 1st and 6th, 2019.  Using data from the 2016 Census, results were weighted according to age, gender and region in order to ensure sample reflective of the population.  As this was a non-probability sample, no margin of error can be associated with the results, nor is it appropriate to offer any comparative margin of error indicating the level of accuracy of results had the study been conducted using random probability sampling.